


La grande diva cubaine nous fera découvrir une autre facette de son immense talent, de son sens de l'émotion et de la passion, avec un nouveau répertoire entre "filin", jazz et boléro, accompagnée d'un quintet d'exception.
Booking France et Italie
Management : Montuno Producciones
BIOGRAPHIE
Omara Portuondo est née à la Havane en octobre 1930. Sa mère, qui venait d’une riche famille espagnole, était supposée épouser un homme de la bonne société. Mais c’est avec un grand et beau joueur de base-ball de l’équipe nationale cubaine qu’elle est partie, celui qu’elle aimait. Il était noir. A cette époque, les mariages mixtes étaient encore très mal vus à Cuba : « ma mère a toujours caché le fait qu’elle était mariée avec un Noir. S’ils tombaient l’un sur l’autre sans la rue, il fallait qu’ils s’ignorent. Par contre, à la maison, ils recréaient ce que la société leur refusait – un havre de paix et d’harmonie. Ils s’aimaient très fort », raconte-t-elle.
Ils eurent trois enfants et, comme dans n’importe quelle maison cubaine, la musique règnait. Il n’y avait pas de gramophone, faute de moyens, mais les voix des parents d’Omara résonnaient sans cesse : ils chantaient dans la cuisine ou en vaquant à leurs occupations quotidiennes. Elle se souvient des chansons d’Ernesto Grenet et de ‘La bayamesa’ de Sindo Garay, parmi leurs airs préférés. C’était en quelque sorte ses premières leçons de chant et ces chansons sont encore dans son répertoire actuel.
Lorsque sa sœur aînée, Haydee, devint danseuse au fameux cabaret Tropicana, Omara la suivit très vite, tout à fait par hasard. 1945 ; deux jours avant une importante première, l’une des danseuses de la troupe du ballet déclara forfait. Omara avait regardé sa sœur répéter si souvent qu’elle connaissait tous les pas et qu’on lui demanda de remplacer l’absente. « C’était un cabaret très chic, mais j’ai dit qu’il n’en était pas question, se souvient-elle. J’étais très timide, j’avais honte de montrer mes jambes. » Sa mère lui expliqua qu’elle ne pouvait pas les laisser tomber et l’encouragea. C’est ainsi qu’elle commença une carrière de danseuse, au cours de laquelle elle forma un célèbre duo avec le danseur Rolando Espinosa. Jusqu’en 1998, elle s’est produite au célèbre Tropicana, en tant que special guest.
LA FIANCÉE DU FEELING
Les week-end, Omara et Haydee chantaient des standards internationaux de jazz avec une bande d’amis, notamment Cesar Portillo de la Luz, José Antonio Mendez et le pianiste aveugle Frank Emilio Flynn. Ils acquirent leur réputation sous le nom de ‘Los Loquibambia’ ; leur style – une vision contemporaine de la musique de La Trova d’alors, fut baptisé ‘feeling ‘, ou ‘filin‘ comme on l’écrivait souvent en espagnol. Le ‘filin’ apparu dans un contexte où les Cubains écoutaient beaucoup la musique populaire des autres pays (Brésil, Amérique latine, Europe,…) ; à l’école les étudiants se familiarisaient avec tous les genres musicaux. Pour la première intervention à la radio du groupe, Omara fut présentée comme « Miss Omara Brown, la fiancée du filin ». Ce nom anglais fut vite oublié, mais beaucoup de Cubains la connaissent encore comme ‘la novia del filin’.
Dès 1952, Omara et Haydee avaient formé un quartette vocal féminin avec Elena Bourke et Moraima Secada, dirigé par la pianiste Aida Diestro. Elles allaient devenir l’un des groupes les plus importants de l’histoire de la musique cubaine et Omara allait rester avec le Cuarteto Las D’Aida pendant quinze ans (la formation initiale n’a publié qu’un seul album chez RCA Victor en 1957). « Nous avons fait des tournées dans toute l’Amérique et les arrangements vocaux d’Aida étaient très novateurs. Nous avons été acclamées partout et quand Nat King Cole est passé au Tropicana, nous sommes montées chanter sur scène avec lui », rappelle Omara.
Elle a continué avec Las d’Aida jusqu’en 1967, année où elle démarra réellement sa carrière solo.
SA CARRIÈRE SOLO
Son premier album solo, ‘Magia Negra’, est sortit en 1959. C’était une entreprise audacieuse, voyage entre la musique cubaine et le jazz nord-américain ; on y trouve une version de ‘That Old Black Magic’ et de ‘Caravan’ de Duke Ellington.
Elle resta encore quelques années avec Las D’Aida après la sortie de son album. Deux ans plus tard, elle chantait avec le groupe dans un hôtel de Miami quand éclata la crise des missiles cubains, qui aboutit à la rupture des relations avec les États-Unis et à la longue isolation de l’île. Omara et Haydee rentrèrent immédiatement au pays.
En fait, ce n’est qu’en 1967 qu’elle se décida à poursuivre une carrière en solo : « Tant de chanteurs s’étaient exilés qu’il y avait un vide à remplir » dit-elle. Elle représenta alors Cuba dans les différents Festivals internationaux.
Les années qui suivirent la révolution furent difficiles pour l’île, coupée de l’Occident. En 1967, Omara se souvient que presque toute la population cubaine s’engagea dans une tentative de record pour la récolte de la canne à sucre : « les gens des villes participaient à la récolte de la canne à sucre dans les champs et nous, les artistes, y allions les dimanche pour chanter et les distraire après leurs dures journées» se souvient-elle.
Durant les années soixante-dix elle chanta souvent avec le superbe groupe de charanga Orquesta Aragón. Elle voyagea beaucoup, dans d’autres pays communistes, mais aussi en France, en Belgique, en Suède, en Finlande et au Japon. Elle fit de nombreux disques pendant les deux décennies suivantes, parmi lesquels les meilleurs sont un album enregistré avec Adalberto Alvarez en 1984 et deux albums, « Palabras » et «Desafios», pour le label espagnol Nubenegra, au début des années quatre-vingt dix.
BUENA VISTA SOCIAL CLUB
Le guitariste américain Ry Cooder avait d’abord croisé Omara quand il était à Cuba en 1995 pour un enregistrement avec les Chieftains. L’année suivante, lorsqu’il retourna à la Havane pour le projet Buena Vista avec Nick Gold, producteur de World Circuit, Omara était par hasard au même moment aux studios EGREM.
Mais c’est Juan de Marcos Gonzalez qui l’invita immédiatement à chanter ‘Veinte años’ avec Compay Segundo, et surtout le sublime ‘Silencio’ en duo avec Ibrahim Ferrer, qui devirent deux temps forts de l’album. ‘Silencio’ reste un instant magique dans le film ‘Buena Vista Social Club’ de Wim Wenders. La beauté et la mélancolie de la chanson (« je ne veux pas que les fleurs sachent ma peine, car si elles me voyaient pleurer, elles en mourraient… ») arrachent à Omara des larmes à l’instant où résonnent les applaudissements de la salle ; Ibrahim sort un mouchoir pour essuyer délicatement les larmes d’Omara. C’est la scène favorite de Wim Wenders, pour la manière dont elle capture, en un seul cadre, le romantisme doux-amer de la musique cubaine.
Surnommée aussi l’Edith Piaf de Cuba, Omara Portuondo transporte le public des cabarets et des boîtes de nuit de la Havane et du monde depuis plus d’un demi-siècle avec l’honnêteté passionnée et émouvante de sa voix. Pourtant, comme Ibrahim Ferrer, elle a dû attendre l’album du Buena Vista pour connaître une véritable reconnaissance internationale.
Omara a poursuivi l’aventure, en prenant part aux légendaires concerts du Buena Vista à Amsterdam et au Carnegie Hall de New York et en chantant dans l’album suivant, ‘Buena Vista Social Club presents… Ibrahim Ferrer’.
UNE NOUVELLE ÈRE
En 2000, World Circuit sortait ‘Buena Vista Social Club presents… Omara Portuondo’, troisième album de la série, qui met enfin sa voix expressive à sa juste place, au centre de la scène. Le thème central du disque est celui de l’amour non partagé – de l’amour perdu et retrouvé. La voix unique d’Omara ressort d’un grand paysage sonore créé par le brillant arrangeur cubain Demetrio Muñiz, pour un album au son riche qui ne manque pas d’évoquer la splendeur de l’époque des big bands.
Omara l’a enregistré avec un groupe de rêve qui comprenait les musiciens du Buena Vista Rubén González, Orlando ‘Cachaito’ Lopez, Manuel ‘Guajiro’ Mirabal et Jesus ‘Aguaje’ Ramos, aux côtés d’invités d’honneur comme Eliades Ochoa, Compay Segundo, Manuel Galbán et Ibrahim Ferrer.
L’album a été largement applaudi par la critique, ce qui a amené Omara à partir pour une tournée mondiale en 2000-2001 avec ses co-stars du Buena Vista, Rubén González et Ibrahim Ferrer, donnant à toute une nouvelle génération de fans l’occasion de voir cet illustre trio en concert.
2002 a vu Omara reprendre la route pour une grande tournée mondiale en solo, avec de nombreux concerts en Amérique du Nord et en Europe. En août 2002, au Festival de Jazz du Japon, Herbie Hancock, Wayne Shorter, John Patitucci, Danilo Perez et Mickael Brecker l’ont invitée à chanter avec eux.
En 2003, son programme dans les festivals d’été européens incluait un étonnant passage en vedette sur la scène One World du fameux Festival de Glastonbury, au Royaume-Uni, après lequel elle est partie en tournée au Canada et aux USA pendant l’automne 2003.
FLOR DE AMOR
En septembre 2003, Omara a retrouvé les studios EGREM pour enregistrer ‘Flor de Amor’, son second album solo pour le label londonien World Circuit. Nick Gold, le producteur-directeur a été rejoint à la production par Alê de Siqueira, un Brésilien dont le travail avec Carlinhos Brown, Caetano Veloso et les Tribalistas (lauréats du Grammy latino) l’a fait reconnaître comme l’un des producteurs les plus géniaux de son pays. Le projet n’aurait bien sûr jamais pu naître sans la collaboration de Jerry Boys, ingénieur du son de World Circuit et dont on dit qu’il est l’un des meilleurs au monde et celle de Demetrio Muniz, arrangeur de presque tous les albums cubains du label.
Cet album marque un changement de direction au regard des précédents projets des membres du Buena Vista Social Club. Il est davantage orienté sur la guitare, mettant en vedette le virtuose du tres Papi Oviedo, le très grand Manuel Galbán à la guitare électrique et le Brésilien Swami Junior à la guitare sept cordes. Omara y est accompagnée par certains des meilleurs musiciens cubains qui, associés à d’excellents musiciens brésiliens, donnent à l’album son unicité.
Omara est véritablement majestueuse dans ces nouveaux morceaux, qui révèlent toute la richesse et toute la maturité d’une interprète en pleine possession de son talent. Cet album présente aussi un côté plus introspectif de son caractère, offrant au public la possibilité de découvrir un éventail de matériaux et de styles nouveaux pour elle. Les chansons sont des ré-interprétations du répertoire cubain, un florilège de merveilleux tableaux, chacun absolument unique.